Naissance d'une Pomme de Terre

Une Pomme de Terre vapeur accompagnant un sauté d’agneau, une Pomme Boulangère avec un gigot cuit à point, des Pommes de Terre en robe des champs avec un bon bol de sarassou, des Pommes de Terre sautées  à la graisse de canard associées à un confit, ou encore une salade de rattes décorée de vitelottes… que de bons plats !!!


Mais d’où viennent ces succulents tubercules ? Chacun le sait, ce sont les
Conquistadors qui nous les ont ramenés des Hauts Plateaux des Andes en 1533. Puis Antoine-Augustin Parmentier a réussi à les imposer sur la table des Français au 18e siècle. C’est alors que l’on s’est employé à les faire proliférer, à améliorer leurs qualités gustatives, à les adapter à l’altitude de nos différentes régions, à améliorer leurs conditions de conservation. Mais comment?

Le jardinier ou le producteur réservent dans leurs récoltes d’une année quelques Pommes de Terre qu’ils planteront à nouveau à la bonne saison. Ils planteront une variété et récolteront cette même variété. Mais des chercheurs, en laboratoire, s’emploient à créer de nouvelles variétés. C’est le cas de GROCEP, le Groupement du Centre des Producteurs de Plants de Pommes de Terre. GROCEP est un des rares créateurs de nouvelles variétés en France. Il faudra 10 ans de recherche pour qu’une nouvelle variété soit créée et puisse être inscrite au “catalogue des variétés”, et encore quelques années pour que cette variété soit commercialisée à grande échelle : 10 ans de recherche, de sélection, 7 ou 8 ans pour qu’elle     soit acceptée sur le marché. Donc beaucoup de… patience.
 



          Antoine-Augustin Parmentier

 

Création:
Le chercheur va pratiquer une fécondation à l’aide de deux fleurs. Il choisira 2 fleurs de Pommes de Terre différentes, et apportera le pollen de l’une sur le pistil de l’autre. Il croisera ces 2 variétés dans l’espoir d’obtenir des descendantes réunissant les avantages des 2 parents. Par exemple la sensibilité ou la résistance aux maladies, les qualités de présentation, la précocité, la conservation… La fécondation donnera naturellement naissance aux fruits : de petites baies de la grosseur de petites tomates
cerise, qui contiennent des centaines de graines. Combien de jardiniers ont découvert un jour ces petits fruits, sur leurs plants de Pommes de Terre ? Très peu. D’abord parce qu’ils sont petits, parce qu’ils sont du même vert que les feuilles, parce que souvent ils sont déjà tombés au moment de la récolte.

Puis le chercheur plantera sous serre les centaines de graines contenues dans ces fruits. Chaque graine donnera une Pomme de Terre différente. Avec beaucoup de patience, il observera chaque génération de tubercules, chaque année… pendant 8 ans à 10 ans. Pendant ces longues années, il aura testé et noté toutes les performances observées. Sur 5000 semis plantés au départ, le chercheur n’obtiendra sans doute, que 2 ou 3 variétés qui seront reconnues aptes à être bonnes pour la consommation. Puis une ou deux années de vérifications, de confirmation et ces 2 variétés pourront enfin être inscrites “au catalogue officiel des variétés”.
Mais il faudra encore 6 à 8 années pour que ces nouveaux tubercules arrivent sur le marché car le consommateur reste fidèle aux variétés qu’il connait. Par exemple la “bintje” est difficile à détrôner grâce à ses qualités reconnues et appréciées : elle produit beaucoup, s’adapte pratiquement partout, convient à bon nombre de préparations culinaires et se plie facilement à la transformation industrielle.
 


Autre façon de créer une Pomme de Terre en maintenant une variété indemne de virus:
En prélevant un petit morceau du germe d’une Pomme de Terre indemne de maladies, en le cultivant en éprouvette dans un milieu nutritif stérile, on le voit grandir et former: la plantule. Au bout d’un mois cette plantule donne naissance, à son tour, à 7 nouvelles plantules. On les sépare, on les cultive à leur tour dans un milieu nutritif, et l’on obtient 7 boutures. On les coupe, et on recommence plusieurs fois. Les nombreuses boutures seront plantées en terre dans des godets. On aura multiplié les plants, mais ils seront d’une seule variété, la variété du tubercule-mère.