La Culture et la Conservation de la Pomme de Terre

Qu'elle s'appelle Abondance, Agata, Agria, Altesse, Amandine, Béa, Belle de Fontenay, BF15, Bintje, Bleue d'Auvergne, Charlotte, Claire, Désirée, Fin de Siècle, fleur de Pêché, Florette, Iroise, José, Manon, Monalisa, Noisette, Osirène, Ostara, Ratte, Rosabelle, Samba, Spunta, Urgenta, Vittelotte, la Pomme de Terre demande au producteur, tout au long de sa vie, d'avoir des égards envers elle car la Pomme de Terre ne pousse pas toute seule. 

Elle demande beaucoup de soin, beaucoup d'attention. Tout d'abord, il faut préparer le terrain, le fumer, le labourer. Au bon moment (on dit le 100ème jour de l'année, mais sur notre plateau, à près de 1 000 mètres d'altitude, ce n'est guère que début Mai) il faut planter. Puis, pendant de longs mois, le producteur rend visite à ses Pommes de Terre, soucieux de les voir pousser en toute tranquillité. Il est souvent inquiet : les intempéries parfois les assaillent : le soleil est trop fort, le vent les assèche, la pluie ne vient pas ou bien la grêle s'en mêle, les orages les entrainent dans les terrains en pentes Elle croit parfois bon de se parer de bijoux colorés : le doryphore petite bestiole rayée aux belles couleurs mais aux mâchoires dévorantes, si ces petits points rayés donnent à la Pomme de Terre un teint coloré, le producteur ne le voit pas d'un même œil. Il faut faire la chasse à la petite bestiole aux ailes rayées et puis les maladies dont la plus fréquente est le mildiou. Ensuite il faut les butter, les biner...

Mais si tout se passe bien, quel plaisir dès le mois de septembre de pouvoir mettre dans nos assiettes la Pomme de Terre Nouvelle ! Lorsque la Fête Trifòla arrive, elles sont toutes fraîches, prêtes à séduire l'acheteur et la ménagère.

Une fois la Pomme de Terre récoltée, il s'agit de la conserver.

A l'arrachage, elle est mise dans de grandes caisses de 500 à 600 kilos qui sont empilées dans un hangar frais et sombre. Si la Pomme de Terre a trop chaud ou si elle est trop exposée au soleil, elle devient verte.

La récolte terminée, on vide les caisses puis on les remplit à nouveau avec les Pommes de Terre triées et calibrées. Les caisses sont remises dans un local sombre, à une température constante de 3 à 4°.

Comme l'hiver approche, il faut que la Pomme de Terre soit à l'abri du gel. Si elle gèle, elle devient sucrée et ne peut être consommée. On dit qu'elle pleure.

Une autre façon de conserver la Pomme de Terre se faisait dans les temps anciens, mais elle ne doit plus beaucoup être pratiquée :

Un silo était creusé dans la partie saine d'un champ, pas d'eau, pas de rocher non plus. Le trou faisait environ 80 cm de large sur un bon mètre de profondeur ; sa longueur était en fonction de la quantité de Pommes de Terre. Le trou était rempli de Pommes de Terre jusqu'au niveau du sol, de la paille était ajoutée dessus pour que la terre avec laquelle on finissait de remplir la tranchée ne salisse pas les Pommes de Terre ; cela formait un petit dôme. Les Pommes de Terre étaient ainsi bien protégées du froid, de la lumière et du gel et pouvaient attendre jusqu'au printemps.

Lorsque le cultivateur voulait quelques kilos de Pommes de Terre et qu'il y avait de la neige, il lui était facile de repérer la « croide » appelée aussi la « crouzade ».

A chaque extrémité, il avait pris la peine de planter un morceau de genêt (un balaï). Quant à la ménagère qui achète une quantité un peu importante de Pommes de Terre, qu'elle ne les laisse pas dans le sac. Qu'elle les étale dans une cave fraîche et sombre, sur un carton ou dans des cagettes.