Une Providence : la Pomme de Terre !

La Pomme de Terre a sauvé bien des peuples dela famine. Et pourtant, lorsqu’elle est arrivée en Europe au XVIe siècle, amenée par les Conquistadors Espagnols, elle a été longtemps boudée par les Français qui ne la cultivaient que pour la nourriture des animaux.
L’Allemagne, comme la Suisse, la Grande-Bretagne, l’Irlande ou la Suède, l’ont mise dans leurs assiettes bien avant la France.
En 1744, le roi de Prusse Frédéric II impose la culture de la Pomme de Terre sur tout son territoire. Il éclate alors la guerre de sept ans entre la Prusse et la France. Notre illustre Antoine Augustin Parmentier, apothicaire militaire, est fait prisonnier. Il constate que sa “pitance” n’est pas si mauvaise que cela et qu’elle le garde en forme.
Lorsqu’il rentre en France, il participe au concours de l’Académie de Besançon qui a pour thème “les végétaux de remplacement dans l’alimentation humaine”. Heureux lauréat, il propose dans son mémoire, la généralisation de la culture de la Pomme de Terre. Il demande à Louis XVI de lui accorder un terrain dans la plaine des Sablons (actuellement Neuilly) et y fait planter des Pommes de Terre. La milice du Roi surveille ces plantations que l’on dit “précieuses”, dans la journée. Mais la nuit la surveillance se relâche et les Parisiens viennent piller les précieux tubercules.

C’est ainsi que l’emploi de la Pomme de Terre se généralise, d’autant  plus que le Roi et la Reine arborent ses délicates fleurs à leurs boutonnières, et en dégustent chaque jour. Sur le territoire qui deviendra la Haute-Loire, on trouve trace de Pommes de Terre autour de 1696 et on constate qu’elle est largement utilisée à Craponne vers 1750. Certains la dénigrent “elle est venteuse !!!”, d’autres reconnaissent ses qualités : “c’est la providence de l’arrondissement pour la nourriture des hommes et des animaux…” : dira le préfet d’Yssingeaux en 1815.

De nos jours, nous ne pourrions pas nous en passer. Nous l’agrémentons de diverses façons et nos chefs cuisiniers régionaux la mettent à l’honneur chaque jour.

Que mangeait-on dans nos campagnes au 19e siècle début du 20e ?

Les paysans cultivaient le seigle. Le pain et la pomme de Terre représentaient 50 % de la nourriture.

On faisait pousser des choux, des carottes, des haricots, des fèves, des poireaux et des raves.
Quoi de meilleur qu’une bonne potée où tous ces légumes tirés directement du jardin se mariaient avec le jambonneau ou les plates côtes d’un bon gros cochon qui lui aussi avait été engraissé durant tout l’été avec les pommes de terre plantées à la terre !
Quand ils arrachaient les Pommes de Terre, à la pioche bien sûr, il leur arrivait de goûter leur récolte sur place. Quelques fanes de pommes de terre sèches étaient mises en tas dans le champ, et la flamme du briquet faisait démarrer le feu.
Quelques tubercules tout juste arrachés étaient essuyés sur le pantalon et glissés sur les braises rougeoyantes. Une fois cuites, leur peau croustillante laissait échapper une odeur suave lorsqu’on mordait dedans, en faisant très attention de ne pas se brûler !

  
Maintenant on les fait cuire dans un diable. C’est délicieux avec du beurre ou du sarassou mais on ne connait ni l’odeur des fanes qui se consument, ni le parfum de la terre fraîchement retournée !